Bien manger est-ce si compliqué ?

A l’heure où il est possible de se fournir en denrées alimentaires aux quatre coins de rue, que la filière biologique a pris un essor considérable depuis plus de quinze ans, que nous avons accès à des produits riches et variés, à la fois venant du terroir de nos régions mais aussi de pays étrangers de par les facilités d’import-export, l’on se dit n’avoir aucune excuse pour bien manger.

Toutefois, jamais il n’y a eu autant de recours à des diététiciens ou naturopathes, à des conseils divers sur la question de l’alimentation avec cette sensation d’être perdu parmi toute une combinaison de possibles. Ajouté à cela la tendance plus qu’actuelle à ne plus consommer de produits d’origine animale sous le joug du véganisme souvent extrême, et nous voilà confrontés à un réel problème : comment adapter au mieux notre alimentation tout en prenant en compter l’éthique qu’il existe désormais en son sein.

Il convient également d’évoquer l’aspect qualitatif, amplement dégradé au fil des années et décennies de par l’hyper-consommation en grandes surfaces ainsi que par la dévastation exponentielle de nos terres mêmes, soumises aux lois et contraintes du marché, du profit, lorsque très clairement, le produit fini dans l’assiette n’a plus toute sa superbe comme jadis, la faute aux impératifs sous flux tendus, au conditionnement toujours plus massif, à la faiblesse de l’Homme, voulant toujours plus, plus rapidement et à moindre coût.

En cela il apparait déjà comme un véritable défi déjà d’aller chercher les perles rares sans pour autant tomber dans le dérisoire, certains commerces ayant profité de la vague pour assommer le client de tarifs plus qu’onéreux sous le label santé ou par l’apposition d’un simple logo en guise de valeur.

C’est donc toute une démarche en amont que de « prévoir » son hygiène de vie alimentaire. Bien souvent cela provient d’un déclic en rapport avec une pathologie sous-jacente, qu’elle soit aigue ou bien chronique. Beaucoup viennent en effet à réguler leur alimentation des suites d’une prise de conscience que le corps s’exprime, que le corps « déborde » et qu’il est temps de prendre les choses en mains, voyant aussi de par ce fait que la médecine traditionnelle n’oriente que trop peu ses soins vers ces approches, tentant de soigner la conséquence sans aller la plupart du temps chercher plus loin.

Sur ce point, combien de fois il est incroyable de constater que des personnes ayant par exemple des soucis digestifs au niveau de l’estomac ingurgitent des médicaments formant ce que l’on appelle un « plâtre » qui certes apaisent les symptômes, mais en aucun cas ne vont aller déceler ce qu’il en est réellement en profondeur, ce que l’on nomme volontiers et basiquement le « terrain ». Pire, les anti-inflammatoires souvent prescrits viennent sur le long terme augmenter cette fragilité, tout cela devenant donc un cercle vicieux qu’il faut à tout prix casser lorsque l’on souhaite se remettre à niveau en termes alimentaires.

Autre paramètre non négligeable donc que cette facilité à aller traiter en superficialité sans en trouver la ou les causes, réflexion que tous devrions pourtant nous poser en premier lieu.

Après avoir dégrossi cela, vient ensuite le casse-tête : quoi manger, quand, comment, et le tout dans la variété, car quoi de plus déplaisant et frustrant que ces régimes où tout est du pareil au même d’un jour à l’autre. Si la rigueur est souvent souhaitable, la notion de plaisir ne doit pour autant pas être oubliée bien au contraire, tout est entre dosage précis et permission de quelques écarts.

Pas trop gras, pas trop sucré, pas trop salé..etc..etc, de quoi avoir le tournis quant à la meilleure méthode à adapter.

Je reste donc partisan, surtout dans le cadre de premières consultations en la matière, d’aller directement à l’essentiel : une alimentation simple, j’entends par là qu’il faille certes tenir une trame et s’y tenir, mais ne pas aller complexifier par des mélanges surréalistes et exigeants. Revenir aux fondamentaux donc, expliquer les grands principes afin que la « planification » ne soit pas un fardeau, que les associations soient faciles à mettre en place et y voir clair dans les objectifs et finalités.

Beaucoup renoncent parce que la marche est trop grande. En effet c’est un constat récurrent que celui de faire passer une alimentation dite inadaptée à quelque chose de bien trop drastique. Il faut dans l’absolu que cela soit mesuré et progressif, au risque de perdre l’envie qui a mené initialement à vouloir changer.

Pour cela que je conseille de commencer par des automatismes simples : supprimer petit à petit les aliments qui ne nous conviennent pas ou plus et les remplacer par d’autres, peut-être moins agréable à manger mais qui apporteront toutefois un plaisir gustatif, au besoin les agrémenter de condiments divers qui pourront y donner de la saveur.

Nous pouvons aussi procéder sous forme de ratio par exemple : un tiers de féculent, un tiers de légumineuses, un tiers de légumes sur les repas du midi, cela donne un référentiel tout en permettant de nuancer à la guise de chacun.

Vient s’ajouter à cela la notion du temps parfois manquant afin de préparer des repas de qualité, d’où la nécessité de prévoir en amont les grandes lignes de son régime. Plus il y aura de visibilité plus cela aisé de le mettre en place.

L’explication de la démarche par le thérapeute est ici primordiale, d’autant plus que lorsque l’on débute des changements alimentaires, cela joue énormément sur l’humeur et sur le mental, prudence donc à ne pas renoncer dès qu’une fatigue ou une baisse de morale intervient, cela est une résultante classique.

Ajoutons qu’il faille prendre en considération les saisons. Et oui messieurs dames, nous ne devrions pas consommer certains fruits et légumes tout au long de l’année…

Voilà ce que nous pouvions dire assez brièvement sur le sujet et force de constater qu’il n’est pas si facile de dresser une alimentation correcte au-devant de la répétitivité que cela impose et des facteurs annexes.

C’est une attention tout particulière dans le cadre d’une hygiène de vie bien plus générale qui a le mérite de dépoussiérer bien de vieux schémas conditionnés. Mais il incroyable de voir la rapidité des bienfais sitôt que les changements ont été actés et que s’il existe une période de sevrage assez délicate, elle laisse vite place à une épuration saine où le besoin, le manque de certains aliments néfastes n’est plus qu’un mauvais souvenir.

Zøwie

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